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Tecno lance une campagne mondiale de la meilleure photographie

[Digital Business Africa] – La marque chinoise de téléphones portables, TECNO Mobile a annoncé le lancement de la campagne mondiale de la meilleure photographie #CAMON12#CtheWorld Best Photography, qui vise à créer une occasion pour tous les amateurs de la photographie. Le meilleur travail photographique vaudra à son auteur de figurer dans le magazine National Geographic, la référence en termes d’influence et d’autorité dans le monde de la photographie. Cette campagne s’inscrit dans le cadre du lancement de la nouvelle série de smartphones CAMON 12.

« La campagne de la meilleure photographie #CAMON12#CtheWorld est un concours international de haut niveau qui dépasse les frontières et les ethnies nationales, et vise à encourager les photographes et les particuliers à explorer les possibilités offertes par la photographie à partir d’un téléphone mobile et à profiter pleinement des joies que procure ce type de photographie », explique Tecno dans un communiqué.

Les participants peuvent soumettre leurs meilleures photos sur le site Web de TECNO Mobile – bbs.TECNO-Mobile.com/index_new – du 10 septembre au 29 octobre (Minuit heure de Chine) 2019. Tous les passionnés de photographie, qu’ils utilisent ou non des smartphones TECNO Mobiles, sont invités à soumettre leurs photos réalisées à l’aide d’un téléphone portable, sans restriction de date de prise ou de modèle de téléphone utilisé. Chaque participant se limitera à un maximum de 30 œuvres – une photo, un storyboard 3×3 ou un fichier vidéo étant considéré comme une œuvre unique.

A partir de toutes les photos téléchargées sur le mur Facebook de TECNO Mobile, la liste des lauréats sera publiée le 1er novembre sur le site Web de TECNO Mobile et les 3 photos qui auront obtenu le plus grand nombre de likes seront présélectionnées. Les 3 photographes correspondants bénéficieront d’une formation auprès d’un photographe professionnel et auront l’occasion de prendre une nouvelle série de photos avec le CAMON 12 Series. Le photographe professionnel sélectionnera le meilleur instantané qu’il recommandera en vue de sa publication dans National Geographic.

Ecrit par Jephté TCHEMEDIE

Récupérer l’argent d’un mort de son compte MTN Mobile Money : Alain Nono explique comment [Vidéo]

[Digital Business Africa] – Votre plateforme web d’informations stratégiques sur les TIC, les Télécoms et le Numérique, Digital Business Africa, a organisé en collaboration avec la Fondation Inter-Progress la première édition d’Innovation 4 Human. L’événement s’est tenu du 18 au 22 février 2019 au Palais des Congrès de Yaoundé dans le pavillon numérique de Promote 2019, le salon international de l’investissement. 

Alain Nono, le Directeur de MTN Mobile Money (Cameroun), a été panéliste à la conférence Innovation 4 Human modérée par Beaugas Orain Djoyum, DG de ICT Media STRATEGIES et DP de Digital Business Africa, à Yaoundé le 20 février 2019. C’était sur le thème : «Monnaie électronique et régulation en Afrique centrale : quels défis ?».

Etaient également présents à ce panel, Patrick Kengne, le PDG de Wouri TV ; Jean-Jacques Massima-Landji, le Représentant de l’UIT pour l’Afrique Centrale et Madagascar et Valentin Mbozo’o,  le directeur général du GIMAC (le Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale).

Alain Nono a expliqué au cours de cette conférence que la réglementation en matière de paiement mobile en Afrique centrale est plus restrictive que celle de l’Afrique de l’Ouest. Notamment en matière d’identification des abonnés. Aussi, il a expliqué comment retirer l’argent d’un mort retenu dans son compte MTn Mobile Money. Digital Business Africa vous présente dans cette vidéo les grandes séquences de son intervention.

Récupérer l’argent d’un mort de son compte MTN Mobile Money : Alain Nono explique comment [Vidéo]

La réglementation en matière de paiement mobile en Afrique centrale est plus restrictive que celle de l’Afrique de l’Ouest. En Afrique de l’Ouest, si vous avez un compte dont le montant n’atteint pas 200 000 francs Cfa, vous n’êtes pas obligés de vous faire identifier de la même façon qu’en Afrique centrale.Alain Nono

Alain Nono : « Lorsqu’une personne décède, même si cette personne n’a pas écrit son testament qui justifie ce qu’il faut faire de cet argent, les ayants-droits viennent à Mtn avec un document de justice confirmant et prouvant leur qualité d’ayants-droits et sont identifiés. Ils ont le choix de récupérer cet argent ou de transférer cela sur leur compte à eux.

Après un certain temps, si l’argent n’est pas réclamé, il est reversé à la banque. Nous avons un compte de compensation dans une banque où ces fonds sont reversés jusqu’à réclamation ».

Alain Nono : « (…) La réglementation en matière de paiement mobile en Afrique centrale est plus restrictive que celle de l’Afrique de l’Ouest. En Afrique de l’Ouest, si vous avez un compte dont le montant n’atteint pas 200 000 francs Cfa, vous n’êtes pas obligés de vous faire identifier de la même façon qu’en Afrique centrale. Chez nous, nous avons une réglementation très rigoureuse quel que soit le montant que vous avez dans votre compte de paiement mobile. Ce qui permet de sécuriser le client (…) ».

Innovation 4 Human

D’après Beaugas Orain Djoyum, Innovation 4 Human à Promote 2019 consistait à animer le pavillon numérique de Promote avec un accent sur les Conférences thématiques, ateliers et débats sur des thèmes collés à l’accélération du développement numérique au Cameroun. 

Le thème général d’Innovation 4 Human était « Accélérer le développement d’un Cameroun numérique ». L’objectif général étant de créer un cadre de rencontres professionnelles entre entreprises, de regrouper des experts sur des thématiques importantes du numérique avec un accent sur les retours d’expériences et bonnes pratiques, de proposer des solutions adaptées aux entreprises entamant leur transformation numérique, de découvrir des services et solutions innovantes adaptées aux entreprises, de partager les enjeux, opportunités et innovations du numérique.

Par Digital Business Africa 

Promote 2019 : Revivre en vidéos les conférences Innovation for Human

Cet article fait partie du Dossier spécial : Promote 2019 : Revivre en vidéos les conférences Innovation 4 Human. Lire également et voir les interventions des autres panélistes.

Côte d’Ivoire : Bientôt une plateforme nationale d’authentification et un portefeuille d’identité numérique

[DIGITAL Business Africa] – Renforcer la confiance dans les services. L’administration ivoirienne en fait son leitmotiv. Le gouvernement prépare deux nouveaux outils stratégiques de la transformation numérique de l’administration. Il s’agit de la plateforme nationale d’authentification et du portefeuille d’identité numérique.

Deux outils selon le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, qui permettront d’authentifier les usagers et de vérifier, de manière fiable, différents attributs et justificatifs numériques.

Djibril Ouattara a procédé ce lundi 5 octobre 2026 à Abidjan à l’étude de faisabilité pour la mise en place d’une plateforme nationale d’authentification et d’un portefeuille d’identité numérique.

L’étude doit s’appuyer sur les dispositifs existants, notamment le Registre national des personnes physiques (RNPP) et les acquis de l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI), afin de privilégier l’interopérabilité et la réutilisation des infrastructures nationales.

Le RNPP est une base de données biométriques. Elle permet d’enregistrer efficacement les naissances et les informations d’état civil de chaque personne résidente sur le territoire. Toute personne enregistrée dans le RNPP doit en principe recevoir un numéro national d’identité unique, dès la naissance, ou lors d’une opération d’identification comme un renouvellement de pièce d’identité et/ou d’une entrée sur le territoire d’un étranger résidant ou de passage sur le territoire ivoirien.

Le RNPP, lancé en 2019, vise donc à réduire drastiquement les fraudes sur l’identité et à faciliter les tâches administratives comme l’obtention d’un document pour un citoyen, par exemple.

Par Jean Materne Zambo 

JME 2026/RD Congo : Adapter le système éducatif aux mutations numériques

[DIGITAL Business Africa] – Jour de fête pour les enseignants du monde. Les seigneurs de la craie sont à l’honneur ce 5 octobre 2026. Un moment de réjouissance mais aussi de réflexion. En RD Congo La ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a rendu un vibrant hommage à tous les acteurs du système éducatif.

Raïssa Malu a salué l’engagement des enseignantes et enseignants de la République démocratique du Congo et souligné leur rôle dans la transformation du système éducatif. La ministre les a appelés à relever le défi majeur de l’adaptation de l’école aux mutations liées au numérique.

La Stratégie nationale des Ressources éducatives libres (REL) validée le 16 juillet 2026 vise à garantir des contenus de qualité en ligne, hors ligne et en langues nationales ; renforcer des compétences : Former les enseignants et les acteurs du système éducatif à l’usage des REL ; stimuler la production locale de matériels adaptés aux programmes scolaires.

Elle est résolument tournée vers l’avenir en préparant le terrain pour des outils innovants comme l’intelligence artificielle qui ouvre la voie à une éducation du XXIᵉ siècle, personnalisée et interactive.

La ministre d’État, ministre de l’Education nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, a réaffirmé l’engagement du Gouvernement à renforcer l’accompagnement des enseignants et à améliorer leurs conditions d’exercice, pour leur permettre de contribuer pleinement au développement des connaissances et des compétences des élèves.

Cette édition de la journée des enseignants est placée sous le thème « Aux côtés du personnel enseignant : 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs ». Elle marque les 60 ans de la Recommandation OIT-UNESCO concernant la condition du personnel enseignant.

Par Jean Materne Zambo

LPA Webradio célèbre son premier anniversaire et annonce un virage vers l’information en continu

[DIGITAL Business Africa] – Lancée le 10 octobre 2025, LPA Webradio, qui se présente sous la signature « Les Voix du Monde Multipolaire », célèbre en octobre 2026 sa première année d’existence. À l’occasion de cet anniversaire, sa direction annonce une évolution de son offre éditoriale, avec notamment davantage de contenus géopolitiques, des formats plus courts et le passage progressif à un modèle d’information en continu.

Selon un communiqué signé par le directeur de la station, Didier Ndengue, LPA Webradio revendique désormais une audience internationale. Diffusée notamment à travers la plateforme RadioKing, la radio indique être accessible dans plus de 130 pays et territoires.

« En un an, elle a pris son envol à l’international », se félicite Didier Ndengue, qui attribue cette progression au travail de l’équipe de la station, malgré des moyens qu’il qualifie de limités. Il salue notamment l’implication du chef de chaîne, Marc Ghislain Ngbwa, ainsi que celle des animateurs et collaborateurs externes.

Des flashs d’information toutes les 30 minutes

Pour sa deuxième année, LPA Webradio entend accélérer son développement et faire évoluer sensiblement son modèle éditorial. L’une des principales nouveautés annoncées concerne le passage en mode « News en continu ».

La station prévoit ainsi la diffusion de flashs d’information toutes les 30 minutes, voire à des intervalles plus rapprochés en fonction de l’actualité.

La direction veut parallèlement renforcer le processus de préparation et de validation des contenus avant leur diffusion. « Chaque contenu devra être peaufiné, affiné et validé avant diffusion », indique le communiqué.

La géopolitique au centre de la nouvelle orientation

LPA Webradio compte également accorder une place plus importante aux enjeux géopolitiques internationaux. Une orientation que la station rattache directement à son positionnement et à sa signature « Les Voix du Monde Multipolaire ».

Cette évolution devrait aussi se traduire par une réduction de la place consacrée à la musique. La programmation musicale deviendra davantage thématique et devra être cohérente avec la ligne éditoriale de la station.

Des formats pensés spécifiquement pour le Web

Autre chantier annoncé : LPA Webradio souhaite s’éloigner des formats traditionnels de la radio hertzienne pour exploiter davantage les possibilités offertes par le numérique.

« Étant une webradio, nos émissions ne doivent pas reproduire les formats des radios classiques. Nous devons inventer un format plus court, plus dynamique et adapté au Web », explique Didier Ndengue.

Cette volonté de développer des formats numériques natifs intervient dans un environnement où les radios et médias audio doivent désormais composer avec une consommation de l’information fragmentée entre streaming, réseaux sociaux, podcasts, plateformes vidéo et terminaux mobiles.

Après une première année consacrée au lancement et au développement de son audience, LPA Webradio veut donc faire de sa deuxième année une phase de consolidation et d’accélération. « La deuxième année sera celle de la montée en puissance », annonce Didier Ndengue.

Digital Business Africa

E-GOV’A 2026 : vers une administration plus fluide, connectée et sans intermédiaire

[EGOVA 2026] La transformation numérique de l’administration africaine passe aussi par la capacité des institutions à mieux échanger leurs données et à simplifier les démarches des citoyens.

À l’occasion du E-GOV AFRICA SUMMIT, EXPO & AWARDS 2026, prévu du 14 au 17 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, cette question sera au cœur des échanges autour de l’e-gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique.

Comme le souligne Anatole NKOLO, représentant du Comité scientifique de E-GOV’A 2026, l’objectif est notamment de permettre au citoyen de ne plus servir d’intermédiaire entre plusieurs administrations lorsqu’une information est déjà détenue par l’État et peut être échangée de manière légalement encadrée et sécurisée.

Cette vision s’inscrit dans l’ambition portée par E-GOV’A : une Afrique « Cashless, Paperless, Seamless », où les services publics deviennent plus accessibles, interconnectés et efficaces.

E-GOV’A Hackathon 2026 : la date limite des inscriptions repoussée au 12 octobre

Afin de permettre à davantage d’universités, d’établissements supérieurs et d’équipes étudiantes de prendre part à la compétition, le Comité d’organisation d’E-GOV’A 2026 (E-Gov Africa Summit, Expo & Awards) annonce la prolongation de la période d’inscription au E-GOV’A Hackathon 2026.

La nouvelle date limite de candidature est fixée au 12 octobre 2026.

Organisé par Smart Click Africa, en partenariat avec Digital Business Africa, l’E-GOV’A Hackathon vise à mobiliser les talents des universités et des grandes écoles afin de concevoir des solutions numériques concrètes répondant aux problèmes rencontrés par les administrations publiques, les collectivités territoriales décentralisées, les départements ministériels ou les entreprises.

Deux jours pour transformer un problème public en solution numérique

Le principe de la compétition est simple : placer les étudiants face à un défi réel et leur donner les conditions nécessaires pour imaginer, développer et présenter une solution numérique susceptible d’y répondre.

Un briefing consacré au défi proposé par une administration partenaire est prévu le 14 octobre 2026. Les équipes disposeront ensuite de 48 heures de prototypage, avec l’accompagnement de mentors techniques et d’experts métiers, avant les sessions finales de pitch et de démonstration.

La compétition s’inscrit ainsi au cœur d’E-GOV’A avec une ambition : rapprocher les problématiques concrètes de l’administration des compétences et de la créativité de la jeunesse technologique africaine.

Qui peut participer ?

Le Hackathon est destiné en priorité aux étudiants régulièrement inscrits dans les universités et établissements d’enseignement supérieur de formation en TIC, télécommunications, informatique, intelligence artificielle et métiers du numérique.

Selon la Charte du Hackathon, chaque établissement peut constituer une équipe de 3 à 5 étudiants, encadrée par au moins un enseignant ou un mentor.

Les établissements situés en dehors de Yaoundé peuvent également participer, sous réserve des modalités logistiques prévues par l’organisation.

Des solutions destinées à aller au-delà du concours

Le E-GOV’A Hackathon ne veut pas s’arrêter à la présentation d’un prototype.

Les équipes devront notamment remettre un code source, un exécutable ou un lien de démonstration, une courte présentation et un guide utilisateur, avant de défendre leur solution devant un jury composé d’experts, de représentants ministériels et de professionnels de la technologie.

Les projets seront notamment évalués en fonction de leur impact, de leur faisabilité, de leur caractère innovant, de l’expérience utilisateur et de la qualité du pitch.

Les trois meilleures équipes recevront respectivement :

  • 1er Prix : 500 000 F CFA, assortis d’un accompagnement au déploiement ;
  • 2e Prix : 300 000 F CFA ;
  • 3e Prix : 100 000 F CFA.

Pour la solution lauréate, Smart Click Africa prévoit également un accompagnement portant sur la maturation technique, le déploiement ainsi que la valorisation commerciale et institutionnelle du projet. La propriété intellectuelle de la solution reste aux étudiants.

Intelligence artificielle, cybersécurité et innovation responsable

Les équipes pourront utiliser des assistants d’intelligence artificielle, sous réserve de documenter leur utilisation et de rester responsables de la conformité des contenus produits. La Charte impose également des exigences en matière de cybersécurité, de protection des données et de transparence relatives aux modèles d’IA utilisés.

Inscriptions ouvertes jusqu’au 12 octobre

Universités, grandes écoles, enseignants, étudiants et jeunes développeurs disposent donc de quelques jours supplémentaires pour constituer leurs équipes et rejoindre le challenge.

Date limite d’inscription : 12 octobre 2026
Briefing : 14 octobre 2026
Hackathon / prototypage : 15 et 16 octobre 2026
Lieu : Palais des Congrès de Yaoundé

Inscription: www.e-gov.africa/hackathon

À vos marques. Prêts. Innovez ! 

E-GOV’A 2026 : retrouvez l’intégralité de l’intervention de Mohamadou SAOUDI, Secrétaire général du MINPOSTEL

[DIGITAL Business Africa] – À l’occasion de la conférence de presse de présentation officielle d’E-GOV’A 2026, organisée le 1er octobre 2026 à Yaoundé à la salle des conférences du MINPOSTEL, Mohamadou SAOUDI, Secrétaire Général du Ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL), représentant Madame le Ministre, a livré un message fort sur les enjeux de la transformation numérique des services publics au Cameroun.

Dans son intervention, il a notamment insisté sur la nécessité de passer d’initiatives sectorielles à une administration publique plus intégrée, interopérable, transparente, agile et centrée sur les besoins des citoyens.

Il a également rappelé qu’E-GOV’A ne se veut pas un colloque supplémentaire consacré au numérique, mais un espace de dialogue, de démonstration, d’innovation et de transformation opérationnelle, réunissant les administrations publiques, les entreprises, les startups, les chercheurs, les étudiants et les partenaires de l’écosystème numérique.

Le Secrétaire Général a enfin réaffirmé l’accompagnement institutionnel du MINPOSTEL à cette initiative portée par Smart Click Africa et Digital Business Africa, sous le Haut Patronage de Madame le Ministre des Postes et Télécommunications.

E-GOV’A 2026 (E-Gov Africa Summit, Expo & Awards) se tiendra du 14 au 17 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé en marge du Cameroon International Tech Summit (CITS), partenaire stratégique de l’événement.

Découvrez ci-dessous l’intégralité de son discours.

  • Monsieur le Président du Comité d’Organisation du e-Gov Africa Summit ;
  • Mesdames et Messieurs les Représentants des Départements ministériels et des organismes sous tutelle ;
  • Mesdames et Messieurs les dirigeants d’entreprises, acteurs du secteur privé, entrepreneurs et startups du numérique ;
  • Mesdames et Messieurs les professionnels de la presse, des médias et de la communication ;
  • Distingués invités, en vos titres, rangs et qualités, tout protocole observé ;
  • Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un réel honneur et un grand plaisir de prendre la parole devant vous, au nom et sur les très hautes instructions de Madame le Ministre des Postes et Télécommunications, qui aurait vivement souhaité présider personnellement cette rencontre avec la presse.

Retenue par des obligations régaliennes de dernière minute, Madame le Ministre m’a chargé de vous transmettre ses salutations les plus cordiales et de vous réaffirmer toute l’importance qu’elle accorde à cette rencontre, qui nous réunit ce jeudi 1er octobre 2026 au sein de notre Département ministériel.

Nous sommes réunis ce jour pour annoncer officiellement le lancement des travaux préparatoires ainsi que de la campagne médiatique consacrée à un rendez-vous majeur de l’agenda numérique continental : le e-Gov Africa Summit, Expo & Awards 2026, en abrégé e-Gov’A, qui se tiendra du 14 au 17 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé.

Mohamadou SAOUDI

Mesdames et Messieurs,

Le lancement de cet événement d’envergure africaine s’inscrit pleinement dans la vision stratégique impulsée par le Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Paul BIYA, qui a fait de la transformation numérique de notre économie et de la modernisation de nos services publics une priorité de l’action gouvernementale.

Dans ses messages solennels à la Nation, notamment ceux du 31 décembre 2018 et du 31 décembre 2025, le Président de la République a rappelé la nécessité d’accélérer l’intégration du numérique dans le fonctionnement de nos administrations et de notre économie, en soulignant notamment je cite :

« Il est indispensable que nous fassions davantage pour intégrer le numérique au fonctionnement de nos services publics et de notre économie. La société digitale qui s’annonce n’attendra pas les retardataires. »

Cette orientation présidentielle constitue une véritable boussole pour l’action gouvernementale, conduite sous la coordination du Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit le thème général de l’édition 2026 du e-Gov Africa Summit :

« Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papiers. »

Cette thématique traduit une ambition claire : faire du numérique non pas une simple évolution technologique, mais un véritable levier de transformation de l’action publique, d’amélioration de la qualité des services aux citoyens et de modernisation de notre économie.

Mesdames et Messieurs,

Notre pays n’est pas au point de départ de cette transformation.

Plusieurs administrations publiques camerounaises ont déjà engagé, avec des résultats significatifs, des réformes structurantes en matière de digitalisation et de dématérialisation.

Nous pouvons notamment citer :

  • la dématérialisation de nombreuses procédures douanières et fiscales à travers le Guichet Unique des Opérations du Commerce Extérieur (GUCE) et les plateformes de la Direction Générale des Impôts ;
  • la digitalisation de plusieurs opérations du Trésor public ;
  • la mise en œuvre du e-Visa ainsi que du système de délivrance du passeport biométrique ;
  • la plateforme AIGLES du Ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative.

Ces initiatives témoignent des avancées réalisées et de la volonté des pouvoirs publics d’inscrire progressivement l’administration camerounaise dans une dynamique de transformation numérique.

Cependant, le véritable enjeu est désormais de franchir une nouvelle étape : passer d’initiatives sectorielles à une administration publique davantage intégrée, interopérable, transparente, agile et résolument centrée sur les besoins du citoyen.

Pour y parvenir, le Gouvernement doit renforcer les synergies entre les administrations, développer les collaborations avec le secteur privé, stimuler l’innovation et mobiliser l’ensemble des composantes de l’écosystème numérique.

C’est précisément à cette exigence que répond le e-Gov Africa Summit 2026, en offrant un cadre de réflexion, de concertation, de démonstration et surtout d’impulsion de nouvelles dynamiques de transformation.

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

La présence du Ministère des Postes et Télécommunications aux côtés des organisateurs traduit également une volonté forte : encourager et accompagner les initiatives privées porteuses d’innovation et de valeur ajoutée pour notre économie numérique.

Le e-Gov Africa Summit est en effet le fruit d’une initiative portée par des acteurs privés et associatifs nationaux de référence, notamment Smart Click Africa et Digital Business Africa, sous la conduite de Monsieur Beaugas-Orain DJOYUM.

Nous tenons à saluer cette initiative et à féliciter l’ensemble des promoteurs et partenaires qui œuvrent à sa concrétisation.

En accordant le Haut Patronage de Madame le Ministre des Postes et Télécommunications à cette manifestation, notre Département ministériel réaffirme l’importance accordée au partenariat entre les pouvoirs publics et le secteur privé dans l’accélération de la transformation numérique.

L’État a vocation à créer un environnement réglementaire favorable, à développer les infrastructures structurantes, à garantir la confiance et la sécurité numériques et à définir les orientations stratégiques.

Mais l’innovation, elle, se nourrit également de l’ingéniosité des entreprises, des startups, des universités, des grandes écoles, des chercheurs et des jeunes talents.

C’est pourquoi le Ministère des Postes et Télécommunications a mobilisé ses structures sous tutelle ainsi que les différents acteurs de l’écosystème numérique afin d’apporter à cette manifestation un accompagnement institutionnel et technique à la hauteur de ses ambitions.

Mesdames et Messieurs les professionnels de la presse et des médias,

Le e-Gov Africa Summit 2026 ne se veut pas un colloque supplémentaire consacré au numérique.

Il ambitionne d’être un espace de dialogue, de démonstration, d’innovation et de transformation opérationnelle, offrant à voir les solutions concrètes qui façonnent aujourd’hui l’administration numérique en Afrique.

Durant quatre jours, au Palais des Congrès de Yaoundé, une programmation riche et diversifiée articulera notamment six grands temps forts.

Premièrement, le Salon e-Gov’A, véritable vitrine technologique, réunira administrations publiques, entreprises privées, startups et intégrateurs autour des dernières innovations en matière de digitalisation et de dématérialisation des services publics.

Deuxièmement, le Sommet de Haut Niveau e-Gov’A, structuré autour de neuf panels thématiques, permettra d’aborder plusieurs enjeux majeurs de la transformation numérique de l’administration : l’intelligence artificielle responsable et éthique, la cybersécurité, l’identité numérique, la régulation, les services publics en ligne, ainsi que la dématérialisation des paiements de type G2P — Government to People —, au service d’une administration progressivement affranchie des procédures fondées sur le cash et le papier.

Troisièmement, les e-Government Africa & Digital Innovation Awards, qui mettront à l’honneur les initiatives et bonnes pratiques contribuant à faire progresser l’e-gouvernance sur le continent africain.

Quatrièmement, l’e-Gov Africa Hackathon, qui offrira aux étudiants des universités et grandes écoles l’opportunité de mobiliser leur créativité et leurs compétences pour concevoir des solutions concrètes répondant à des problématiques réelles de l’administration publique.

Cinquièmement, les e-Gov’A DEMO et MasterClass, qui permettront au public de découvrir, à travers des démonstrations interactives, l’utilisation concrète de plusieurs services publics digitalisés, notamment le e-Visa, le paiement en ligne des taxes, l’identité numérique ou encore les services liés à l’état civil.

Sixièmement, les ateliers certifiants et les visites de terrain, destinés au renforcement des capacités des agents publics et à la découverte, au sein d’administrations pionnières et de centres de données nationaux, des infrastructures et solutions qui donnent une traduction concrète à la transformation numérique de notre administration.

À travers cette programmation, le Cameroun entend contribuer activement au développement d’un écosystème numérique africain dynamique et au rayonnement de Yaoundé comme espace de dialogue, d’innovation et de coopération autour de la gouvernance électronique.

Mesdames et Messieurs les professionnels de la presse et des médias,

Vous êtes des partenaires essentiels de cette ambition collective.

Par vos articles, vos reportages, vos émissions, vos plateformes numériques et vos différents canaux de communication, vous avez un rôle déterminant à jouer pour informer les citoyens, expliquer les enjeux de la transformation numérique, faire connaître les services publics dématérialisés et favoriser la participation de l’ensemble des acteurs de l’écosystème.

La réussite du e-Gov Africa Summit 2026 dépendra également de notre capacité collective à faire connaître ses objectifs, ses innovations et les opportunités qu’il offre aux administrations, aux entreprises, aux investisseurs, aux chercheurs, aux étudiants et, plus largement, aux citoyens.

C’est pourquoi, au nom de Madame le Ministre des Postes et Télécommunications, je vous invite à vous approprier pleinement cette initiative et à en être les relais auprès de l’opinion publique nationale, africaine et internationale.

Je forme donc le vœu que cette conférence de presse constitue le point de départ d’une mobilisation forte et durable autour du e-Gov Africa Summit 2026.

Je voudrais, pour conclure, réaffirmer l’engagement du Gouvernement à accompagner les acteurs qui œuvrent à la construction d’un Cameroun numérique, innovant et inclusif, et souhaiter plein succès aux travaux du Comité d’Organisation ainsi qu’à l’ensemble des activités prévues dans le cadre de cette édition.

Vive la transformation numérique de l’administration publique !

Vive le e-Gov Africa Summit 2026 !

Vive le Cameroun !

Je vous remercie de votre aimable et bienveillante attention.

E-GOV’A 2026 : Yaoundé veut rapprocher administrations, entreprises et innovateurs africains autour de l’e-gouvernance

[DIGITAL Business Africa] – Sortir d’une digitalisation fragmentée, favoriser l’interopérabilité entre les plateformes publiques et rapprocher davantage les administrations des entreprises technologiques. Ces préoccupations ont occupé une place centrale lors de la conférence de presse de présentation d’E-GOV’A 2026 (E-Gov Africa Summit, Expo & Awards), organisée le 1er octobre 2026 à Yaoundé.

Prévu du 14 au 17 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, E-GOV’A est consacré cette année au thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papier ». L’événement prévoit notamment des panels, des démonstrations de solutions numériques, une exposition, un hackathon, des ateliers et des Awards.

 

Mohamadou SAOUDI : passer à une administration intégrée et interopérable

Représentant la ministre des Postes et Télécommunications lors de la conférence de presse, le Secrétaire Général du MINPOSTEL, Mohamadou SAOUDI, a rappelé que le Cameroun dispose déjà de plusieurs initiatives de digitalisation dans les domaines fiscal, douanier, financier, de l’immigration ou encore de la gestion des agents publics.

Selon lui, la prochaine étape consiste désormais à dépasser la juxtaposition de projets sectoriels.

Le défi, a-t-il indiqué, est de parvenir à une administration publique « davantage intégrée, interopérable, transparente, agile et résolument centrée sur les besoins du citoyen ».

Le Secrétaire Général a également présenté E-GOV’A comme un instrument permettant précisément de rapprocher les différents acteurs nécessaires à cette évolution.

« Le e-Gov Africa Summit 2026 ne se veut pas un colloque supplémentaire consacré au numérique », a-t-il souligné, présentant plutôt l’événement comme un espace de dialogue, de démonstration, d’innovation et de transformation opérationnelle.

Il a notamment évoqué le Salon E-GOV’A, le sommet, les panels thématiques, les Awards, le Hackathon, les démonstrations, les MasterClass, ainsi que les ateliers de renforcement des capacités des agents publics.

REPTIC : « Il n’y a point de souveraineté des systèmes d’IA sans souveraineté des données »

Pour le Dr Renaud OKOMEN, représentant du REPTIC, les mutations technologiques actuelles obligent à réexaminer l’efficacité de la gouvernance publique à la lumière du numérique et de l’intelligence artificielle.

Son organisation appelle ainsi l’ensemble de la communauté des télécommunications et du numérique à rallier le Palais des Congrès de Yaoundé afin de participer à la construction d’une administration progressivement sans cash, sans papier et capable d’assurer la continuité des services.

Le représentant du REPTIC estime également qu’E-GOV’A doit permettre de dépasser un modèle de « gouvernance numérique en silos » pour aller vers une approche davantage collaborative, reposant notamment sur un partenariat durable entre secteur public et secteur privé.

Son autre message porte sur un enjeu appelé à devenir central avec la montée en puissance de l’intelligence artificielle :

« Il n’y a point de souveraineté de système d’IA sans souveraineté des données. »

Pour le Dr Renaud OKOMEN, E-GOV’A doit donc constituer simultanément un haut lieu de réflexion sur l’usage responsable de l’IA dans les administrations, un espace d’exposition du savoir-faire des entreprises et des jeunes innovateurs africains et une plateforme d’échanges entre le secteur privé et les administrations publiques.

Anatole NKOLO : l’interopérabilité ne signifie pas un logiciel unique

Cette problématique des silos numériques a également occupé une place importante dans l’intervention de M. Anatole NKOLO, représentant du Comité scientifique de E-GOV’A 2026.

Selon lui, la question n’est plus seulement de disposer de plateformes numériques, mais de savoir comment faire fonctionner ensemble les plateformes, les données, les institutions et les technologies au bénéfice du citoyen.

Le responsable du Comité scientifique relève que plusieurs administrations disposent déjà de leurs propres systèmes numériques, mais que ceux-ci ne communiquent pas toujours entre eux.

L’enjeu de l’interopérabilité consiste donc non pas à obliger toutes les administrations à utiliser le même logiciel, mais à permettre à des systèmes différents d’échanger des informations de manière sécurisée, selon des standards communs et des règles de gouvernance clairement établies.

Cette orientation fait écho à l’un des axes affichés dans le programme actuel d’E-GOV’A, qui consacre notamment un panel aux infrastructures numériques, au cloud et à l’interopérabilité.

Pour Anatole NKOLO, le problème est très concret : à terme, le citoyen ne devrait plus servir lui-même d’intermédiaire entre plusieurs administrations pour transmettre une information que l’État détient déjà et qu’il pourrait légalement échanger de manière sécurisée.

Le programme scientifique annoncé pour E-GOV’A comprend 10 panels thématiques et institutionnels, ainsi que neuf sessions E-GOV’A Demo. Les panels devront notamment traiter de la gouvernance des données, de la cybersécurité, de l’identité numérique, des paiements numériques, de l’intelligence artificielle et de la formation des agents publics.

« Administrations, venez avec vos solutions, mais aussi avec vos problèmes »

Pour Beaugas-Orain DJOYUM, président du Comité d’organisation d’E-GOV’A, l’une des ambitions essentielles de l’événement est précisément de créer un espace de rencontre entre les administrations ayant des besoins et les entreprises disposant de solutions technologiques.

« Administrations publiques, venez présenter ce que vous avez déjà digitalisé, mais aussi vos difficultés et vos défis. Entreprises et startups, venez montrer les solutions que vous êtes capables d’apporter », a-t-il lancé.

Le principe est de ne pas limiter E-GOV’A aux seuls échanges théoriques.

Aux conférences s’ajouteront ainsi les E-GOV’A Demo, conçues pour permettre aux administrations, entreprises et institutions de présenter concrètement le fonctionnement de services ou de solutions numériques. Le site officiel de l’événement indique également que plusieurs administrations et entreprises doivent intervenir dans ces séquences de démonstration.

Pour le Président du Comité d’organisation, le résultat attendu est clair : faire en sorte que les rencontres nouées pendant l’événement aboutissent à des projets pilotes, des partenariats, des solutions effectivement déployées et à une amélioration tangible des services publics.

Du « cashless » et du « paperless » à une administration sans rupture

Au-delà de la technologie elle-même, les différentes interventions lors de la conférence de presse ont ainsi mis en évidence plusieurs défis communs : interopérabilité des systèmes, gouvernance et souveraineté des données, protection des infrastructures numériques, collaboration public-privé et développement des compétences.

E-GOV’A veut placer ces questions dans une perspective directement liée à l’usager : simplifier les démarches, faciliter les échanges entre administrations, dématérialiser les paiements et les documents et assurer davantage de continuité dans la fourniture des services publics.

C’est tout le sens de la formule mise en avant par les organisateurs : « Cashless. Paperless. Seamless. »

E-GOV’A 2026 se tiendra au Palais des Congrès de Yaoundé du 14 au 17 octobre 2026, en marge du Cameroon International Tech Summit, partenaire stratégique de l’événement. Avec la participation annoncée d’administrations publiques, d’entreprises technologiques, de startups, d’experts, de chercheurs et de partenaires au développement.

Par Digital Business Africa

Numérique au Cameroun : Le patronat dénonce trois obstacles et demande un électrochoc

[DIGITAL Business Africa] – Lors de la rentrée économique du patronat, le 10 septembre à Douala, le président du Gecam a désigné la capacité sous-marine sous-utilisée, le prix du haut débit et l’absence d’autorité de protection des données comme les freins au numérique. Il cite le dossier des terminaux importés comme exemple d’un calendrier en constante évolution.

Le président du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), Célestin Tawamba, a consacré une partie de son intervention à la transformation numérique lors de la rentrée économique du patronat, tenue le 10 septembre 2026 au siège du Gecam à Douala. Il a reconnu des avancées dans la dématérialisation de certains services publics. Il a ensuite désigné trois obstacles que rien n’oblige à conserver, la capacité installée non exploitée, le coût du haut débit fixe et l’insécurité juridique. Il a appelé à un « électrochoc numérique ».

Le Cameroun est raccordé à plusieurs câbles à fibre optique sous-marins. La Société financière internationale (SFI) a indiqué que seulement 15 % de la capacité du câble SAT3 et 30 % de celle du câble WACS avaient été utilisées depuis leur lancement, il y a 17 ans. Dans une présentation faite en 2022 au ministère de l’Économie, la SFI situait le taux de pénétration du haut débit, fixe et mobile confondus, à environ 22 % depuis 2016. Le « fibre gap » désigne les zones où la fibre optique n’est pas déployée ou n’est pas utilisée. Il touchait environ 14 millions de personnes en 2020, soit plus de la moitié de la population. Les propos du président du Gecam reprennent donc des chiffres publiés par l’institution qu’il cite, avec un taux inchangé depuis dix ans.

Un coût qui pèse sur les entreprises

Le deuxième obstacle concerne le prix du haut débit destiné aux entreprises. Le Comité de compétitivité, placé auprès du ministère de l’Économie, a traité le sujet dans son rapport sur l’état de la compétitivité en 2023. Selon le classement du cabinet Cable Co, le gigaoctet coûtait 0,40 dollar au Ghana, soit quatre fois moins que le prix au Cameroun. Le coût moyen du gigaoctet au Cameroun était estimé à 1,63 dollar en 2023, ce qui plaçait l’internet des entreprises entre trois et quatre fois au-dessus de celui du Rwanda et du Ghana.

Le patronat a engagé une démarche à ce sujet. Le Gecam et Camtel ont signé le 29 mai à Douala un partenariat de trois ans, qui prévoit des tarifs préférentiels pour la connectivité, l’interconnexion des sites, la téléphonie, le stockage et la protection des données. Ces tarifs n’avaient pas encore été rendus publics, et leur portée dépendra du nombre d’entreprises raccordées.

Une loi en vigueur, une autorité absente

Le troisième obstacle relève du droit. La loi n° 2024/017 relative à la protection des données à caractère personnel a été promulguée le 23 décembre 2024. Elle impose aux organisations d’obtenir l’autorisation de l’autorité de protection des données avant tout traitement, de tenir un registre des traitements, de notifier les violations de données et de demander une autorisation avant tout transfert international. L’article 53 crée cette autorité, dont l’organisation doit être fixée par décret présidentiel. Un répertoire consacré aux lois africaines sur la protection des données ne mentionne, pour le Cameroun, aucune autorité de contrôle publiquement identifiée. Des publications spécialisées avaient pourtant présenté le 23 juin 2026 comme une échéance de mise en conformité pour les entreprises. Les entreprises doivent donc demander une autorisation à un organe qui n’existe pas encore, comme l’a décrit le président du Gecam.  « La loi sur la protection des données personnelles est en vigueur ; l’Autorité chargée de l’appliquer n’existe toujours pas. Nos entreprises sont donc tenues à des obligations dont personne ne peut leur dire comment s’en acquitter. Et si vous cherchez l’illustration de tout ce que je dis depuis le début, un seul dossier suffit », décrit Célestin Tawamba.

Le dossier des terminaux numériques

Pour illustrer son propos, Célestin Tawamba a cité le mécanisme de perception des droits de douane sur les téléphones, les tablettes et autres terminaux importés. L’article 6 de la loi de finances 2023 l’a institué. La Direction générale des douanes a lancé le dispositif le 16 mars 2026. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a fait état d’une mise en œuvre effective à compter du 1er avril 2026. Les autorités visent 25 milliards de Fcfa de recettes par an.

La suite du calendrier montre les changements de position que le président du Gecam a relevés. Le 27 avril, le ministre a indiqué que 700 000 téléphones s’étaient connectés pour la première fois au réseau entre le 1er et le 25 avril sans avoir été dédouanés, et a fixé au 30 avril la date limite de régularisation sans amende. Le 19 mai, la Douane a demandé aux opérateurs de bloquer les terminaux concernés à partir du 25 mai.

Selon Digital Business Africa, aucune mesure de blocage généralisée n’était officiellement en vigueur pendant les concertations qui ont suivi. Le 4 juin, le ministre des Finances a écrit à MTN Cameroun et à Orange Cameroun pour demander la mise en œuvre effective du dispositif. Une note ultérieure du ministre a fixé le début du blocage au 1er septembre.

Selon une source proche de la Douane, plus de 1 000 téléphones ont été bloqués depuis le 1er septembre et 386 000 appareils ont été déclarés depuis le 1er avril. Le président du Gecam reconnaît la légitimité de l’objectif de recouvrement. Il pose la question de la planification des investissements dans un pays où l’application d’une mesure votée peut être décidée, suspendue puis décidée à nouveau en quelques mois. Selon lui, l’entreprise s’inquiète de l’improvisation et non de la réforme.

Les quatre demandes du patronat

Le Gecam demande la mise en service effective des capacités déjà installées, l’installation sans délai de l’Autorité de protection des données, la dématérialisation intégrale des procédures douanières et fiscales, ainsi que l’intégration de l’intelligence économique dans les politiques publiques. Ces demandes coïncident avec le calendrier de la loi de finances 2027, sur lequel le patronat a également formulé des propositions lors de cette rentrée. Le gouvernement n’a pas publié de calendrier pour le décret d’organisation de l’Autorité de protection des données ni pour une baisse des tarifs du haut débit fixe, à la date de rédaction de cet article.

Par Ghislaine Deudjui

E-gov’A/Cameroun : La mise en bouche épicée des innovations digitales

[DIGITAL Business Africa] – Le salon de l’ e-gouvernance ou de la gouvernance promet de faire bouger les lignes. Des annonce fortes et des promesses ont été faites ce premier octobre 2026. Jour de la conférence de lancement du premier en Afrique sur les innovations digitales des administrations. On en sait un peu davantage sur ce qui sera servi aux gratin du numérique attendus au Palais des Congrès de Yaoundé du 14 au 17 octobre 2026.  bouche

Lors de la phase des questions-réponses, le SG du ministère des Postes et Télécommunications, Mohamadou Saoudi, a rassuré que le salon qu’organise l’association Smart Click Africa permettra d’évaluer, de manière objective, les avancées des projets initiés par le Cameroun et ses partenaires,  notamment le PATNUC qui est à sa troisième année. Il a affirmé au passage que les projets numériques engagés par le gouvernement connaissent des avancées notables.

Le  promoteur du sommet E-Gov’A, Beaugas Orain Djoyum, DP de Digital Business Africa et président de Smart Click Africa a indiqué que le but est de mettre sur pied une plateforme pareille parce que nous avons au Cameroun des services digitalisés méconnus du public. Selon lui, Il est donc question se rassembler ces administrations .

Beaugas Orain Djoyum a promis que le sommet sera exclusivement pratique. Où mes administrations viendront démontrer ses innovations. Un des partenaires donnera la possibilité aux exposants, entreprises de présenter leurs solutions locales. Le salon prévoit aussi deux ateliers sur la cybersécurité et l’IA. Des experts en transformation numérique, cybersécurité, IA, venus des quatre coins du globe sont attendus à Yaoundé.

Le représentant du Réseau des Entreprises & Professionnels du Secteur des Télécoms et du Numérique au Cameroun (REPTIC) a affirmé que c’est une occasion de partage d’expérience entre les administrations. Pour le REPTIC, il s’agira interpeler l’ensemble de acteurs à prendre part à cette grand-messe de l’innovation.

Le président du comité scientifique, Dr Antoine Nkolo, a quant à lui souligné que ce salon tombe à point nommé tant il permet aux administrations de jauger leur niveau de numérisation. Mais, il a donné le ton des échanges qui vont meubler les travaux en ateliers. Dr Antoine Nkolo prévient déjà qu’il va falloir s’appesantir sur l’interoperabilité des plateformes numériques des administrations. L’ambition étant de faire évoluer les administrations.

E-Gov’A se veut une plateforme panafricaine de référence pour :

• promouvoir la modernisation de l’action publique ;

• encourager les partenariats public-privé dans le numérique ;

• accélérer l’adoption de solutions innovantes (IA, GovTech, e-paiement, identité numérique, cybersécurité) ;

• renforcer la coopération entre États africains en matière de transformation digitale.

Par Jean Materne Zambo  

RD Congo : SIGOIL et Intertek, l’alliance technologique face à la fraude pétrolière

[DIGITAL Business Africa] – Intertek et SIGOIL. Deux outils technologiques auxquels a recours le gouvernement congolais pour renforcer la lutte contre la fraude et la contrebande des produits pétroliers. Une réunion interministérielle dédiée au lancement de la phase pilote du projet a eu lieu mardi 29 septembre 2026.

Y ont pris part les délégués de la Primature, des ministères de l’Économie nationale et des Finances, de la Direction générale des Douanes et Droits d’Accises (DGDA), de la Direction Générale des Recettes Administratives, Judiciaires, domaniales et de Participations (DGRAD), ainsi que le Secrétariat général aux Hydrocarbures se sont réunis pour valider le lancement imminent d’un projet pilote.

D’une part, SIGOIL, basé sur l’IA et  développé avec Swiss Authentis, doit permettre au ministère des Hydrocarbures de centraliser et de suivre en temps réel les données du secteur pétrolier aval.

« Il s’agit d’un système d’information appelé SIGOIL, qui permettra au ministère de maîtriser l’ensemble des données relatives au secteur pétrolier aval […] et de mettre en place une lutte très efficace contre la fraude », a déclaré Guillaume Chaize, directeur général de Swiss Authentis.

D’autre part, Intertek permettra de suivre les cargaisons depuis les pays d’origine, notamment la Tanzanie, la Zambie, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, jusqu’aux points d’entrée et aux centres de dépotage en RDC. L’outil est équipé de technologies GPS/GSM sur les camions-citernes.

Marcel Compaoré, manager régional d’Intertek, a indiqué que la combinaison des scellés électroniques et de la digitalisation des données doit contribuer à renforcer le contrôle des flux de produits pétroliers et à traquer les opérations frauduleuses.

Le gouvernement compte sur ces deux outils technologiques pour améliorer la traçabilité des produits pétroliers, réduire les fuites de recettes et renforcer la mobilisation des recettes fiscales. La phase pilote doit précéder une éventuelle extension du dispositif à l’ensemble du territoire national.

Par Jean Materne Zambo

Tchad : L’ ADETIC abrite un centre communautaire multimédia à Moundou

[DIGITAL Business Africa] – Un Centre communautaire multimédia sort de terre dans la localité de Moundou. L’Agence de Développement des Technologies de l’Information et de la Communicatione (ADETIC) sert de cadre à ce centre inauguré le 29 septembre 2026.  Saboun

L’infrastructure vise à réduire les inégalités d’accès au numérique. Il doit notamment servir à la formation des jeunes, à l’accès aux ressources éducatives et à l’accompagnement des femmes entrepreneures et des porteurs de projets.

Adoum Djimet Saboun, DG de l’ADETIC a rappelé que cet ouvrage est aligné sur la vision du chef de l’État.

« L’’inauguration du Centre communautaire multimédia de Moundou concrétise la vision de Son Excellence le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno pour un numérique au service du progrès, de l’égalité des chances et de l’amélioration des conditions de vie de nos populations au cœur de l’action publique. Sous l’impulsion de Monsieur Haliki Choua Mahamat, l’ADETIC porte cette ambition sur le terrain et la transforme en actions concrètes, en rapprochant le numérique des territoires et des populations », a dit le DG de l’ADETIC.

Le centre Centre Communautaire Multimédia comprend une salle de formation informatique, une salle de cybersécurité, une salle de réunion de 120 places, des bureaux administratifs, un local technique avec serveurs et une cafétéria. On y trouve aussi un système d’alimentation électrique combinant le réseau.

La cérémonie d’inauguration a connu la présence de plusieurs personnalités publiques, dont le secrétaire général du ministère des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation, Hisseine Brahim Abdelkrim, le délégué général du gouvernement auprès de la province, Dago Yacoub, le maire de Moundou et plusieurs responsables administratifs, civils et militaires.

Par Jean Materne Zambo

 

Cameroun : La touche digitale de la CONAC dans la lutte anti-corruption au sein du Commonwealth 

[DIGITAL Business Africa] – La CONAC s’active au sein du Commonwealth dans la lutte contre lacorruption. Même si le Cameroun est parmi les élèves les moins brillants en la matière, le pays veut apporter sa pierre à la construction d’une communauté plus intègre. À nouveau réunis, ce 29 septembre 2026, la Commission nationale anti-corruption et le Commonwealth ont exploré les outils pour parvenir à l’intégrité, la redevabilité, l’efficacité du service public et la confiance des citoyens au Cameroun.

Les travaux se sont tenus à huis clos. Si la teneur des échanges n’a pas été révélée, il n’en demeure pas moins que le Cameroun, membre du Commonwealth, est disposé à s’arrimer aux valeurs de l’une des plus grandes organisations internationales après les Nations unies.

Parmi les valeurs du Commonwealth, il y a justement l’intelligence artificielle et d’autres technologies émergentes. Mais avant d’intégrer ces valeurs, la lutte contre la corruption au Cameroun est déjà codifiée. La Stratégie nationale de Lutte contre la corruption de décembre 2021, sert de cadre légal à ce fléau. Et l’on peut y constater des mesures digitales qui sont prévues pour endiguer la corruption.

Il s’agit entre autres d’informatiser tout le système de passation des marchés publics, de mettre en place des systèmes de conformité au sein des entreprises, d’informatiser la chaîne des transactions commerciales (Impôts, Douanes, Trésor, Opérateurs, etc.)

Le Haut-Commissaire de Grande-Bretagne, S.E Matt Woods a salué la philosophie de partage de pratiques, d’information sans jugement de valeur entre les nations du Commonwealth.

Ce deuxième atelier après celui de juillet 2026 visait le renforcement des capacités sur les Valeurs du Commonwealth (CV CSW). Les travaux ont réuni des représentants des cellules anti-corruption et des institutions publiques. Dans son 14ᵉ rapport publié en août 2025, la Commission nationale anti-corruption du Cameroun (CONAC) évalue à 4,06 milliards FCFA les pertes liées à la corruption en 2024.

Pour rappel, la Conférence régionale du Commonwealth des chefs des agences anti-corruption en Afrique s’est tenue du 4 au 8 mai 2026 à Yaoundé.

Par Jean Materne Zambo 

Cameroun : Kaspersky mise sur la cybersécurité pour protéger les infrastructures critiques

[DIGITAL Business Africa] – Ordinateurs des administrations, réseaux industriels, portails gouvernementaux : protéger les infrastructures numériques est devenu une préoccupation de premier plan, aussi bien pour les États que pour les entreprises. C’est le fil conducteur du « Cyber Resilience Forum », tenu ce 29 septembre 2026 au Starland Hotel de Yaoundé, où les débats ont porté sur les technologies capables de renforcer cette protection. L’entreprise russe Kaspersky y a présenté son savoir-faire, lors d’une rencontre parrainée par le ministère des Postes et Télécommunications. Autour du thème « Strengthening Cybersecurity in Complex Infrastructures », le forum a rassemblé des représentants d’institutions publiques et du secteur privé venus échanger leurs expériences et leurs solutions.

L’objectif : alerter les organisations sur des cybermenaces qui changent vite, et montrer des réponses adaptées aux besoins des particuliers, des entreprises, des administrations comme des sites industriels.

Pour Alexander Morozov, conseiller à l’ambassade de Russie au Cameroun, la venue des représentants de Kaspersky vise d’abord à faire connaître les technologies russes, en particulier dans la cybersécurité.

« Le but de la visite des représentants de la société Kaspersky est toujours de présenter les solutions numériques que la Russie développe dans le sens de promouvoir les technologies numériques et bientôt les technologies de cybersécurité », explique-t-il.

Au-delà des équipements, il insiste sur le poids grandissant des données dans la vie des organisations. Au XXIᵉ siècle, les informations personnelles et les données traitées par les entreprises et les administrations servent à améliorer leurs services.

Plus on utilise ces données, plus il faut protéger les systèmes qui les collectent, les traitent et les stockent. Pour une administration, une faille peut compromettre la confidentialité des informations, couper l’accès aux services numériques et entamer la confiance des usagers.

Fondée en 1997, Kaspersky affiche près de trente ans d’expérience dans le domaine. Mikhail Nagorny, responsable des solutions entreprises, rappelle que la société a élargi son offre au fil des années, d’abord pensée pour les particuliers, puis étendue aux entreprises et aux grandes organisations.

« Nous avons commencé comme une entreprise proposant des services et des solutions aux utilisateurs ordinaires. Au fil de notre évolution, nous avons commencé à fournir des solutions aux entreprises », précise-t-il.

Aujourd’hui, dit-il, l’offre s’adresse à des structures très variées : de la PME au grand groupe employant plusieurs dizaines de milliers de personnes, sans oublier les acteurs industriels et les institutions publiques. Il voit dans l’Afrique un marché en développement, où les besoins en cybersécurité devraient augmenter au rythme de la transformation numérique des particuliers, des entreprises et des administrations.

Reste une question de fond : comment sécuriser des infrastructures de plus en plus interconnectées sans ralentir la modernisation des services et de l’économie ?

La protection des infrastructures publiques est l’un des piliers de l’offre présentée. Interrogé sur ce que Kaspersky propose aux administrations, Mikhail Nagorny décrit une approche qui dépasse la simple protection des postes de travail.

« Pour les infrastructures publiques, nous proposons de nombreuses solutions, allant de la protection des ordinateurs avec des antivirus et des outils antimalware à la sécurisation des infrastructures spécifiques, du périmètre réseau, des installations industrielles et des systèmes particuliers, tels que les portails web gouvernementaux », indique-t-il.

Concrètement, ces solutions interviennent à plusieurs niveaux :

  • Protéger les postes de travail contre les virus, les logiciels malveillants et autres menaces ;
  • Sécuriser les réseaux face aux intrusions et aux accès non autorisés ;
  • Protéger les installations industrielles, souvent tributaires de systèmes numériques spécialisés ;
  • Sécuriser les portails gouvernementaux, portes d’entrée des services publics en ligne.

Cette logique en plusieurs couches vise les environnements complexes, où la faille d’un seul équipement peut fragiliser tout le reste.

Pour les administrations qui se dématérialisent, la sécurité des portails publics compte particulièrement. Ces plateformes rassemblent des données personnelles, des documents officiels et des démarches essentielles pour les citoyens comme pour les entreprises.

Le thème du forum en dit long sur la manière dont on conçoit désormais la cybersécurité. Il ne suffit plus de bloquer une attaque : il faut aussi que l’organisation continue de tourner quand un incident survient, qu’elle en limite les dégâts et rétablisse vite ses services.

Au Cameroun, où la transformation numérique touche peu à peu les administrations, les entreprises et les services essentiels, sécuriser les infrastructures relève à la fois de la continuité des activités et de la confiance numérique.

Cela dit, protéger ses systèmes ne se résume pas à acheter des logiciels. Il faut aussi une gouvernance adaptée, des équipes formées, une surveillance continue, une bonne gestion des accès, des sauvegardes régulières et une vraie préparation aux incidents.

En réunissant acteurs publics et privés autour de ces questions, le Cyber Resilience Forum cherche à faire circuler les expertises et à confronter les réponses technologiques aux risques du moment.

Par Loïc SOUOP

 « L’IA est suffisamment puissante pour provoquer des événements causant un milliard de morts », alerte Bill Gates.

[DIGITAL Business Africa] – L’intelligence artificielle ne serait pas une technologie comme les autres. Pour Bill Gates, le rythme auquel elle progresse et sa capacité à transférer instantanément les connaissances pourraient profondément transformer l’avenir de l’humanité. Dans une interview accordée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le cofondateur de Microsoft appelle les gouvernements, les entreprises, les chercheurs et la société civile à participer dès maintenant à l’encadrement de cette révolution.

« L’IA sera soit le plus grand égalisateur jamais inventé, soit la pire source d’injustice », écrivait récemment Bill Gates. Une formule qui résume, selon lui, l’enjeu du moment : maximiser les bénéfices de l’intelligence artificielle tout en empêchant ses usages les plus dangereux.

Pour Bill Gates, comparer l’IA aux précédentes innovations technologiques ne suffit plus. Il considère que l’humanité est face à un changement d’une autre nature. « L’IA n’est pas simplement une nouvelle technologie », affirme-t-il. Selon lui, le développement actuel de l’intelligence artificielle constitue « véritablement un événement évolutif ».

L’ancien patron de Microsoft va plus loin : « Nous avons créé une espèce intelligente qui, à bien des égards, est déjà plus intelligente que nous. » Et cette capacité devrait encore progresser rapidement dans les prochaines années.

L’une des particularités majeures de l’IA réside, à ses yeux, dans sa capacité à transférer et reproduire les connaissances à une vitesse qui n’a rien de comparable avec celle des humains. « Il n’existe pas de frontières individuelles comme lorsque les humains doivent s’éduquer les uns les autres », explique-t-il.

Le risque ne relève toutefois pas uniquement de la perspective d’une IA devenant plus intelligente que l’être humain. Bill Gates s’inquiète surtout de la combinaison entre ces capacités technologiques et des acteurs poursuivant des objectifs malveillants.

Interrogé sur la possibilité que l’IA puisse conduire à l’extinction de l’humanité, il répond avec une mise en garde particulièrement forte : « L’IA est certainement suffisamment puissante pour provoquer des événements causant un milliard de morts. »

Pour le milliardaire américain, la combinaison entre des personnes animées de mauvaises intentions et les outils d’IA constitue une menace sans précédent. « Il n’y a jamais eu d’arme aussi puissante que la combinaison de personnes mal intentionnées utilisant les derniers outils d’IA », estime-t-il.

Cette perspective explique également pourquoi Bill Gates se félicite que les entreprises du secteur reconnaissent elles-mêmes l’existence de risques importants. Mais il juge préoccupant que le reste du monde puisse considérer le développement de l’IA uniquement sous l’angle de la compétition technologique ou géopolitique.

Face à ces risques, Bill Gates ne croit pas à une autorégulation suffisante du secteur. Sa position est claire : « Il est complètement irresponsable de ne pas exiger que chaque IA dispose de ces garde-fous et de capacités de surveillance. »

Pour lui, la question n’est donc plus de savoir s’il faut mettre en place des mécanismes de sécurité, mais quand les imposer. « Personne ne pense que l’autorégulation est suffisante. »

Bill Gates appelle ainsi à une intervention des pouvoirs publics. Les gouvernements, les forces de l’ordre et les responsables politiques doivent participer à la définition des règles concernant les mécanismes de sécurité et de surveillance. « Cela doit être obligatoire », insiste-t-il.

Il reconnaît que ces exigences représenteront une charge supplémentaire pour les entreprises technologiques. Mais il estime qu’elles ne devraient pas provoquer un ralentissement majeur de l’innovation.

L’autre enjeu soulevé par Bill Gates est celui de la gouvernance internationale de l’intelligence artificielle. L’ancien dirigeant de Microsoft évoque notamment la possibilité d’un dialogue entre les États-Unis et la Chine, en prenant comme référence la coopération internationale qui avait permis, durant la guerre froide, d’établir certaines limites autour des armes nucléaires.

Mais il estime que l’IA pourrait être encore plus difficile à encadrer.

La raison est notamment liée à la nature même de l’IA, à son développement essentiellement privé et à la difficulté pour les États de disposer d’une expertise suffisante sur les seuils de danger. Pour Bill Gates, l’enjeu dépasse donc largement les rivalités entre puissances. Il concerne la capacité de la communauté internationale à définir collectivement les conditions dans lesquelles cette technologie doit évoluer.

Au-delà des entreprises spécialisées dans l’IA, Bill Gates veut élargir le débat à l’ensemble de la société. « Je ne saurais trop insister sur l’importance pour la société et pas seulement les entreprises, mais aussi chaque universitaire, groupe de réflexion, électeur et décideur politique de véritablement s’engager sur la manière dont nous voulons façonner cette technologie. »

Pour lui, l’objectif ne doit pas être de freiner indistinctement l’intelligence artificielle. Il faut au contraire accélérer ses usages bénéfiques tout en réduisant les scénarios les plus dangereux.

« Il n’y a pas de limite à la nécessité de se concentrer sur l’accélération du potentiel positif et la minimisation de certaines choses véritablement horribles qui pourraient se produire. »

Entre promesse d’égalité et risque d’injustice, outil de progrès et potentiel multiplicateur de menaces, l’IA place ainsi les sociétés devant un choix de gouvernance inédit. Pour Bill Gates, ce choix ne peut plus être laissé aux seuls laboratoires et entreprises technologiques.

L’enjeu est désormais de décider collectivement quelles limites, quelles protections et quelles responsabilités doivent accompagner une technologie dont les capacités progressent plus vite que les cadres destinés à l’encadrer.

Par Loïc SOUOP

[Billet] Cameroun : Le régulateur des médias en ligne et hors ligne régulé à son tour

[DIGITAL Business Africa] – Les rôles sont inversés pour le président du Conseil national de la communication. Joseph Chebongkeng Kalabubsu, habitué au marteau, est cette fois sur la sellette. Le régulateur des médias en ligne et hors ligne est convoqué le 30 septembre 2026 à 8 h 30 devant la chambre d’instruction du tribunal de première instance et du tribunal de grande instance de la Mefou-et-Akono, à Ngoumou.

Joseph Chebongkeng Kalabubsu dit avoir appris sa convocation sur les réseaux avant d’en être formellement informé. Pas de quoi s’en offusquer. La pratique est devenue courante dans les administrations. Des documents confidentiels qui se retrouvent sur les réseaux sociaux avant même la lecture officielle.

Le document, référencé dossier nᵒ 01-CI-30/26, indique qu’il sera entendu « sur les faits dont il lui sera donné connaissance ». Mais l’intitulé de la convocation laisse déjà filtrer un indice : « MP et OWONA Thaddée Martial C/ Joseph CHEBONGKENG KALABUBSU ».

Le nom mentionné ci-dessus est celui d’un journaliste travaillant pour la chaîne Vision 4. Ce dernier a été suspendu d’antenne suite à un reportage aux allures de colportage.

« … Le conseil s’est autosaisi d’une affaire concernant la chaîne de télévision dénommée Vision 4 visant son directeur général des médias et le journaliste Martial Owona Thaddee. Il est reproché à ce média la diffusion au cours de son édition du journal de 20 heures du 2 juin 2026, d’un reportage réalisé par ledit journaliste, véhiculant des déclarations de nature à porter atteinte à la dignité de Maître Félicité Esther Zeifman… » a indiqué le CNC.

Esther Zeifman est avocate des ayants droit de Martinez Zogo, le journaliste assassiné en 2023. L’affaire suit son cours en justice. La décision du CNC a été rendue lors de la 51ᵉ session ordinaire, tenue le 13 août 2026. Plusieurs sources indiquent que le journaliste ne s’est pas plié à la décision du régulateur et a engagé une procédure impliquant le président du régulateur et le ministère public.

À supposer que Joseph Chebongkeng Kalabubsu soit auditionné dans le cadre de cette affaire. Une chose est certaine, son autorité risque d’être diluée comme un verre de whisky à grande eau. D’autres médias et journalistes qui jusqu’ici considèrent encore le CNC comme une épée de Damoclès au-dessus de leur tête pourraient remettre en cause les décisions prononcées par l’instance en charge de la régulation des médias et entrer en rébellion.

Par Jean Materne Zambo

RD Congo : Automatiser l’apprentissage de l’anglais grâce à l’IA dans les universités

[DIGITAL Business Africa] – À l’ère du numérique, l’apprentissage d’une langue se fait en toute détente.  Le gouvernement de la République démocratique du Congo compte bien adopter cette approche nouvelle, en faisant de l’ IA un professeur d’anglais. L’initiative concerne pour le moment les établissements d’enseignement supérieur et universitaire ainsi que des centres et instituts de recherche, selon le projet, PURE, présenté au Conseil des ministres du vendredi 25 septembre 2026.

Le projet est ainsi soumis à l’examen et l’approbation du conseil, a confirmé Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement. La ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations, Marie-Thérèse Sombo, qui a défendu ce projet le présente comme un levier destiné à renforcer les compétences linguistiques des étudiants, enseignants et chercheurs congolais.

Le projet PURE a pour ambition de faciliter l’apprentissage de l’anglais.
Selon Patrick Muyaya, le porte-parole du gouvernement, la maîtrise de l’anglais représente notamment un enjeu d’employabilité et de mobilité académique et professionnelle pour les Congolais. Étudiants, enseignants et chercheurs auront donc de la matière pour participer davantage aux échanges et aux grandes rencontres scientifiques, académiques et professionnelles aux niveaux régional et international.

PURE s’inscrit dans les priorités du Programme d’actions du gouvernement (PAG) 2024-2028. Sa mise en œuvre doit également s’appuyer sur le Plan de transformation numérique. Selon Patrick Muyaya, le gouvernement tient à combiner apprentissage linguistique et nouvelles technologies pour contribuer à la construction d’un système d’enseignement supérieur plus performant, inclusif et compétitif.

Par Jean Materne Zambo

UNGA 81 : de l’« outil prodigieux » au progrès technologique partagé, Paul Biya précise sa vision de l’IA

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[DIGITAL Business Africa] – Trois ans jour pour jour après avoir qualifié le numérique et l’intelligence artificielle d’« outils prodigieux », le président camerounais Paul Biya revient sur la place des technologies dans l’avenir de l’humanité.

Dans son message à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, lu le 26 septembre 2026 à New York par le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, le chef de l’État camerounais, appelle cette fois à veiller à ce que les progrès technologiques récents profitent à tous. Un déplacement d’accent significatif : de la puissance de l’outil à la question de son accès, de sa gouvernance et du partage de ses bénéfices.

Le Cameroun est intervenu samedi 26 septembre 2026 au débat général de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies par la voix de son ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, qui délivrait un message au nom du président Paul Biya. La page officielle du débat général de l’ONU confirme la participation du chef de la diplomatie camerounaise à cette session.

Cette 81e session se déroule sur le thème « Restoring trust, managing transformation: A United Nations that delivers for all », c’est-à-dire « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies qui donne des résultats pour tous ».

Parmi les priorités fixées par le président de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman, figure explicitement un axe consacré à « l’innovation avec inclusion », qui comprend la gouvernance numérique et l’intelligence artificielle.

Le progrès technologique érigé en troisième exigence du moment

Dans le message présidentiel adressé à l’ONU, trois exigences sont présentées comme indissociables : restaurer la confiance entre les États, réconcilier les peuples et les nations avec les institutions multilatérales et, enfin, faire en sorte que les avancées technologiques récentes profitent à l’ensemble de l’humanité.

Selon la transcription automatique anglaise de l’intervention transmise à Digital Business Africa, le troisième impératif est formulé ainsi :UNGA 81 : de l’« outil prodigieux » au progrès technologique partagé, Paul Biya précise sa vision de l’IA

« Œuvrer pour que les récents progrès technologiques bénéficient à toute l’humanité. »

Cette formulation constitue sans doute le passage le plus directement lié au numérique dans le discours camerounais de cette année.

Elle introduit une dimension qui va au-delà de l’innovation en soi. La question posée devient celle de la répartition des bénéfices de la technologie : qui profite réellement des avancées technologiques ? Dans quelles conditions ? Et comment éviter qu’elles ne creusent les écarts entre les pays, les économies ou les populations ?

Le message présidentiel camerounais s’inscrit ainsi dans l’un des axes officiellement retenus pour la 81e session de l’Assemblée générale : « Innovation with inclusion: Digital governance, artificial intelligence and safeguarding the next generation », autrement dit innovation inclusive, gouvernance numérique, intelligence artificielle et protection de la prochaine génération.

L’intelligence artificielle citée comme une réponse possible aux grands défis de l’humanité

Le message de Paul Biya va plus loin en citant nommément l’intelligence artificielle parmi les manifestations majeures du progrès scientifique et technologique contemporain :

« Nous vivons à une époque où les progrès de la science et de la technologie ont favorisé l’émergence de connaissances et d’innovations utiles, telles que l’intelligence artificielle, pour relever les multiples défis auxquels l’humanité est confrontée. »UNGA 81 : de l’« outil prodigieux » au progrès technologique partagé, Paul Biya précise sa vision de l’IA

L’IA n’est donc pas évoquée comme un sujet technologique isolé. Elle est replacée dans une problématique beaucoup plus large : celle de la capacité des sciences et des technologies à contribuer à résoudre des défis mondiaux.

Cette approche intervient alors que les Nations Unies ont précisément fait de la gouvernance internationale de l’IA un chantier multilatéral à part entière. Le Pacte numérique mondial (Global Digital Compact) se présente comme un cadre mondial de coopération numérique et de gouvernance de l’intelligence artificielle, et fixe notamment pour objectif une gouvernance de l’IA « au service de l’humanité ».

Un autre passage du message de Paul BIYA mérite également l’attention. En évoquant les conséquences du changement climatique, notamment les inondations, les sécheresses et les incendies, le discours souligne que certaines populations sont empêchées de bénéficier des progrès technologiques.

Cette observation introduit indirectement une autre dimension essentielle de la transformation numérique : l’accès.

Disposer d’innovations technologiques à l’échelle mondiale ne signifie pas nécessairement que toutes les populations disposent des infrastructures, des compétences, de l’énergie, de la connectivité ou des capacités institutionnelles nécessaires pour en tirer parti. Cette lecture rejoint l’accent mis par la présidence de la 81e Assemblée générale sur une innovation qui soit précisément inclusive.

En 2023, Paul Biya parlait déjà d’« outils prodigieux »

Cette prise de position de 2026 n’est pas la première intervention de Paul Biya sur l’intelligence artificielle à la tribune des Nations Unies.

Exactement trois ans auparavant, le 26 septembre 2023, lors de la 78e session de l’Assemblée générale, une autre déclaration du président camerounais avait également été lue par le même ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella. La Présidence de la République du Cameroun.

Paul Biya y déclarait :UNGA 81 : de l’« outil prodigieux » au progrès technologique partagé, Paul Biya précise sa vision de l’IA

« En cette ère du numérique et de l’intelligence artificielle, nous avons entre nos mains des outils prodigieux. S’ils sont utilisés à bon escient, ils peuvent nous permettre d’atteindre les résultats escomptés en vue d’assurer la survie de l’humanité et de lui garantir un avenir meilleur. »

Quelques paragraphes plus tôt, le même discours appelait déjà à une conception selon laquelle « la Science est mise au service de l’humanité entière », notamment dans les domaines de la paix, de la sécurité, de la santé et du développement économique, social et culturel. Il associait également l’Agenda 2063 africain et la ZLECAf à des progrès attendus dans la recherche, la science, la technologie, les communications et les télécommunications.

La comparaison des deux interventions permet de distinguer une continuité, mais aussi une évolution du vocabulaire.

En 2023, l’accent portait principalement sur la puissance des nouveaux outils : le numérique et l’intelligence artificielle étaient présentés comme des technologies capables, si elles étaient utilisées de manière appropriée, de contribuer à la construction d’un avenir meilleur.

En 2026, le message, tel qu’il ressort de la transcription disponible, déplace davantage l’attention vers le bénéfice collectif du progrès technologique : les avancées existent, l’IA poursuit son développement, mais elles doivent profiter à l’humanité dans son ensemble.

Autrement dit, le questionnement évolue de « que pouvons-nous faire avec ces technologies ? » à « comment faire pour que leurs bénéfices soient accessibles à tous ? ».

De l’« outil prodigieux » à la gouvernance mondiale de l’IA

Entre septembre 2023 et septembre 2026, l’environnement international autour de l’intelligence artificielle a considérablement évolué.

L’ONU a depuis lors mis en place de nouveaux mécanismes de gouvernance de l’IA. Par la résolution A/RES/79/325, l’Assemblée générale a établi deux dispositifs : le Panel scientifique international indépendant sur l’intelligence artificielle et le Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle. Voir ici

Le premier Global Dialogue on AI Governance s’est tenu les 6 et 7 juillet 2026 à Genève. Présenté par les Nations Unies comme une plateforme permettant aux gouvernements et aux différentes parties prenantes de discuter de la gouvernance mondiale de l’IA, il a réuni les États, le secteur privé, la société civile, les universitaires et la communauté technique.

La synthèse officielle de ce premier dialogue confirme qu’il s’agissait de la séance inaugurale du mécanisme onusien.

Ce nouvel environnement international donne une résonance particulière à la formule employée par le Cameroun à l’UNGA 81, qui souligne la nécessité de faire bénéficier toute l’humanité des progrès technologiques.

Car le débat international ne porte désormais plus seulement sur la performance des modèles d’IA ou sur leur vitesse d’adoption. Il s’étend à des questions de gouvernance, de sécurité, d’inclusion, de capacités nationales, de développement et de réduction des fractures numériques.

Le Pacte numérique mondial inscrit explicitement parmi ses objectifs le renforcement de la gouvernance internationale des données et de l’intelligence artificielle au bénéfice de l’humanité.

Ce n’est donc pas un hasard si la présidence de l’Assemblée générale a retenu, cette année, comme priorité, l’association entre innovation, inclusion, gouvernance numérique et intelligence artificielle.

Pour l’Afrique, la question devient celle de la capacité à capter les bénéfices de l’IA

Pour Digital Business Africa, le passage le plus stratégique du message présidentiel camerounais réside dans cette notion de progrès technologique devant profiter à tous.

Appliquée au continent africain, cette ambition soulève immédiatement plusieurs questions : comment participer à la création de valeur issue de l’IA plutôt que de rester uniquement consommateur de technologies conçues ailleurs ? Comment disposer d’infrastructures numériques et énergétiques capables de soutenir les nouveaux usages ? Comment développer les compétences nécessaires ? Comment gouverner les données ? Et comment traduire le potentiel de l’IA en services concrets dans la santé, l’éducation, l’agriculture, la finance, l’administration publique ou encore la gestion des territoires ?

Ce sont là des implications analytiques du principe défendu dans le discours, et non des mesures détaillées annoncées par le Cameroun à New York.

UNGA 81 : de l’« outil prodigieux » au progrès technologique partagé, Paul Biya précise sa vision de l’IA
Le ministre camerounais des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, au débat général de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le 26 septembre 2026 à New York. Il y délivrait le message du président de la République, Paul Biya. La participation du ministre camerounais est répertoriée sur la page officielle du débat général de l’ONU.

Le véritable enjeu, pour les États africains, pourrait ainsi se résumer à passer de l’accès à la technologie à la capacité de la maîtriser, de l’adapter et d’en tirer de la valeur.

E-Gov’A 2026 : du débat sur l’IA à ses applications dans les services publics

Cette problématique sera au cœur d’E-Gov’A 2026 (E-Gov Africa Summit, Expo & Awards), le rendez-vous consacré à l’e-gouvernance et à la transformation digitale en Afrique, qui se tiendra à Yaoundé en octobre 2026. L’événement organisé par Digital Business Africa et Smart Click Africa, sous le haut patronage du ministère des Postes et Télécommunications, est placé sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

E-Gov’A entend déplacer le débat de la seule fascination pour les technologies vers leurs usages dans l’action publique : comment intégrer efficacement l’IA dans les administrations ? Comment encadrer l’utilisation et la gouvernance des données ? Quelles infrastructures numériques, plateformes intelligentes et mécanismes d’interopérabilité faut-il mettre en place ? Comment renforcer les compétences numériques des agents publics ? Et surtout, comment faire de ces technologies des outils pour améliorer concrètement les services rendus aux citoyens ?

Le programme annoncé prévoit notamment des échanges sur la vision politique et le leadership nécessaires à une gouvernance numérique moderne, l’encadrement de l’IA et de la dématérialisation des services publics, la gouvernance des données, ainsi que sur les infrastructures numériques, le cloud et l’interopérabilité.

E-Gov’A associe également une exposition de solutions, des démonstrations de services numériques, des ateliers de formation et un hackathon autour de problématiques concrètes de service public.

Cette orientation fait écho, à l’échelle opérationnelle, à la question posée à New York : comment faire en sorte que les progrès technologiques produisent effectivement des bénéfices pour les populations ?

Pour les administrations africaines, la réponse ne se jouera pas uniquement dans les déclarations internationales. Elle dépendra aussi de leur capacité à expérimenter, à déployer et à mettre à l’échelle des solutions numériques adaptées à leurs réalités.

Et c’est précisément là que la comparaison entre 2023 et 2026 devient intéressante.

En 2023 :

« Nous avons entre nos mains des outils prodigieux. »

En 2026 :

« Œuvrer pour que les récents progrès technologiques bénéficient à toute l’humanité. »

Trois ans séparent ces deux formulations, mais elles dessinent la même trajectoire : la technologie n’est pas présentée comme une finalité. Sa valeur dépend de ce qu’elle apporte aux sociétés et aux populations.

La différence est que, en 2026, cette vision arrive à un moment où l’intelligence artificielle n’est plus seulement une technologie émergente faisant l’objet de projections. Elle est devenue un enjeu explicite de la gouvernance multilatérale, avec des discussions internationales de plus en plus structurées portant sur son encadrement, son accessibilité et le partage de ses bénéfices.

Pour l’Afrique, le défi sera donc moins de constater la progression de l’IA que de déterminer la place que le continent entend lui donner dans sa gouvernance, son développement et la répartition de ses bénéfices.

C’est aussi l’une des questions auxquelles les décideurs publics, entreprises technologiques, start-up et experts réunis à E-Gov’A seront appelés à apporter des réponses concrètes.

Par Beaugas Orain DJOYUM

Numérique/Spatial : Le combo parfait pour une Côte d’Ivoire 100% connectée

[DIGITAL Business Africa] – Abidjan a abrité un grand événement du Business spatial en Afrique. L’Africa Space Expo (ASPEX 2026) a fermé ses portes ce  26 septembre 2026 après deux jours d’expositions. L’événement sert d’infrastructure d’action pour transformer les priorités africaines en projets concrets.

Justement, l’une des priorités de la Côte d’Ivoire est la connectivité totale de son territoire. Le pays connait une couverture de 95 %  aujourd’hui, avec l’ambition d’atteindre 100 %, grâce à une connectivité de qualité et à haut débit, selon le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation Technologique.

Jeudi 24 septembre 2026, son patron Djibril Ouattara a appelé à renforcer les synergies entre le spatial et le numérique pour accélérer la connectivité, valoriser les données et stimuler l’innovation. «La connectivité ne relie pas seulement des appareils. Elle relie des personnes aux opportunités, les entreprises aux marchés et les gouvernements aux citoyens », a-t-il souligné. L’objectif affiché du gouvernement est de bâtir une Côte d’Ivoire plus connectée, plus autonome et résolument tournée vers l’innovation.

Le Forum des radiocommunications s’est  tenu parallèlement à l’ASPEX 2026. Le ministre Ouattara a souligné  la nécessaire convergence entre les infrastructures terrestres et satellitaires.

À l’occasion  des travaux,  les régulateurs (ARTCI, AIGF, SNDI) et opérateurs ont préconisé une complémentarité entre réseaux terrestres et satellitaires. Le satellite qui s’impose comme un levier pour désenclaver les zones blanches, sécuriser la connectivité face aux pannes de câbles sous-marins et accélérer l’inclusion numérique en Côte d’Ivoire.

Par Jean Materne Zambo,  source : ministère

IA : « L’industrie ne doit pas accepter trop de risques », alerte Sam Altman à l’ONU

[DIGITAL Business Africa] – L’intelligence artificielle franchit-elle un nouveau seuil qui impose de ralentir sa course ? Réunis mercredi 23 septembre 2026 devant le Conseil de sécurité des Nations unies à New York, les dirigeants d’OpenAI et d’Anthropic ont appelé à davantage de vigilance, de coopération internationale et de mécanismes de sécurité face à l’accélération des systèmes d’IA. La réunion, initiée par la France, a notamment réuni Sam Altman, patron d’OpenAI, Dario Amodei, dirigeant d’Anthropic, et Clément Delangue, cofondateur de Hugging Face. Il s’agissait d’un débat inédit au Conseil de sécurité consacré aux risques et aux opportunités liés à l’intelligence artificielle.

Face aux représentants des États membres, Sam Altman a estimé que la progression actuelle de l’intelligence artificielle « nécessite une attention extrême ». Le patron d’OpenAI a notamment alerté sur l’accélération potentielle du développement des modèles : « À mesure que le processus de développement de l’IA est de plus en plus automatisé, le rythme d’amélioration de l’IA pourrait accélérer rapidement. »

Cette accélération intervient alors que plusieurs incidents récents impliquant des modèles avancés ont alimenté les discussions sur la capacité des entreprises à maîtriser leurs systèmes.

Selon les éléments présentés lors de la réunion, certains modèles ont notamment adopté des comportements non prévus lors de tests, notamment en matière de tromperie ou de dissimulation de leurs actions. Un incident particulièrement notable a concerné deux systèmes d’OpenAI qui, lors d’évaluations, seraient sortis de leur environnement de test pour accéder à Internet et interagir avec la plateforme Hugging Face.

SAM ALTMAN

Pour Sam Altman, le débat sur les risques de l’IA doit toutefois éviter deux extrêmes. « Nous ne voulons pas tomber dans le piège de l’optimisme aveugle, mais nous ne pouvons pas céder non plus au catastrophisme. (…) Donc nous allons faire de notre mieux pour trouver un juste milieu », a déclaré le dirigeant d’OpenAI.

Une position qui intervient alors que les appels à une gouvernance internationale de l’intelligence artificielle se multiplient. Le patron d’OpenAI a également renouvelé son appel à une coopération entre les États. « Dans l’histoire, il y a eu des moments où des pays qui étaient en concurrence et ne s’appréciaient pas forcément (…) ont tout de même réussi à s’entendre pour le bien commun face à une nouvelle technologie. Il faut que cela se produise de nouveau », a-t-il rappelé.

De son côté, Dario Amodei, patron d’Anthropic, a franchi un pas supplémentaire en annonçant un engagement de son entreprise à ralentir le développement de ses systèmes si les conditions de sécurité l’exigent. « Nous allons ralentir autant que nécessaire » le rythme de développement de l’IA, a-t-il déclaré, afin de « s’assurer » que chaque nouveau modèle commercialisé « soit vraiment sûr ».

Il s’agit d’un engagement unilatéral particulièrement notable pour Anthropic, intervenant quelques jours après que Dario Amodei eut appelé à un freinage coordonné entre les grands acteurs de l’intelligence artificielle.

Le dirigeant d’Anthropic a également identifié deux grandes catégories de risques : « la mauvaise utilisation des modèles d’IA », notamment à des fins bioterroristes, et « la perte de contrôle », lorsque les capacités des systèmes progressent plus rapidement que la capacité des développeurs à les contrôler.

Il a par ailleurs mis en garde contre une concentration excessive du pouvoir technologique : « Aucune personne, aucune entreprise, aucun pays ne doit pouvoir utiliser les modèles d’IA les plus puissants pour imposer sa vision du monde aux autres. »

Au-delà des déclarations des dirigeants de la Silicon Valley, le débat posé devant le Conseil de sécurité porte désormais sur les mécanismes internationaux capables d’encadrer le développement de l’intelligence artificielle.

Plus de 20 pays avaient déjà appelé, lundi, à renforcer la supervision de cette technologie et évoqué la possibilité de créer, sous l’égide des Nations unies, un mécanisme international de régulation. La France défend également une approche multilatérale. « Travaillons ensemble, dans le cadre des Nations unies, et avec les entreprises, pour fixer les règles de ce nouvel âge », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

Le responsable français a également appelé à « renforcer sans délai nos garde-fous et organiser une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle au bénéfice de notre sécurité collective mais aussi de la dignité humaine ».

Les discussions se heurtent toutefois à des divergences entre États sur la nature et le niveau de supervision internationale à mettre en place. La question d’une gouvernance mondiale de l’IA reste ainsi au cœur des négociations diplomatiques.

Le débat met également en évidence une tension centrale : comment continuer à développer les capacités de l’IA tout en évitant que la recherche de performances et de bénéfices ne prenne le pas sur la sécurité ? Sam Altman a lui-même posé cette limite : « L’industrie ne doit pas accepter trop de risques technologiques simplement parce que les bénéfices sont trop conséquents et importants pour la ralentir. »

À l’ONU, les patrons d’OpenAI et d’Anthropic ont ainsi convergé sur un point : l’accélération de l’intelligence artificielle ne peut plus être abordée uniquement comme une question technologique ou commerciale. Elle devient également une question de sécurité internationale, de gouvernance et de coopération entre États et acteurs privés.

La réunion du 23 septembre 2026 marque ainsi une nouvelle étape dans le débat mondial sur la manière de concilier innovation, sécurité et contrôle des technologies d’intelligence artificielle.

Par Loic SOUOP

Burkina Faso : Bâtir la DGI de demain sur les fondations du numérique 

[DIGITAL Business Africa] – La souveraineté numérique de la Direction générale des Impôts ne doit pas être un vœu pieux. C’est maintenant ou jamais. Le ministre de l’ Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, a exhorté la DGI à poursuivre sa transformation pour devenir une administration fiscale « numérique, intelligente et performante », au service de la souveraineté nationale.

Dr Aboubakar Nacanabo a lancé cet appel lors de la 15e conférence annuelle organisée du 23 au 24 septembre sous le thème : « Construire la DGI de demain : quels leviers pour une administration fiscale plus performante au service de la souveraineté nationale ? »..

« Le thème de cette conférence n’est pas seulement une interrogation sur l’avenir de l’administration fiscale. Il est une réflexion sur la place que doit occuper la fiscalité dans la construction du Burkina Faso nouveau. Dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire, la mobilisation optimale des ressources internes n’est pas une simple exigence budgétaire. Elle constitue un acte de souveraineté », a dit Aboubakar Nacanabo.

Le ministre de l’Economie et des Finances précise aussi que la DGI de demain devra être une administration agile, capable d’anticiper les mutations économiques, technologiques et sociales. Une administration innovante, capable de tirer pleinement profit des opportunités offertes par la transformation numérique et l’intelligence artificielle. Elle devra surtout être une administration proche des citoyens, inspirant confiance, par la qualité de ses services, son professionnalisme et son sens de l’intérêt général.

Une dimension philanthropique que la directrice générale des impôts, Eliane T. Djiguimdé, a tenu à relever :

« Le capital humain et la technologie vont ensemble. Nous avons parlé de l’organisation, la culture de la performance, la gestion de la donnée, le recours à l’intelligence artificielle. Ces dimensions vont de pair », a-t- elle confié.

À l’issue des travaux de cette conférence, des résolutions ont émergé pour mettre en oeuvre  une administration fiscale moderne et performante. Il s’agit de :

– Faire un diagnostic complet du dispositif organisationnel et des procédures de la DGI, afin de voir ce qui peut être amélioré ou renforcé.

– Mettre en place un dispositif de renforcement permanent du capital humain

– Recourir aux nouvelles technologies pour mieux analyser les données de la DGI, tout en conservant une certaine souveraineté.

Par Jean Materne Zambo